Politique

Drupal en campagne électorale

D'accord, l'élection a eu lieu il y a un mois, mais puisque j'ai été plutôt occupé durant cette période, je me permets d'écrire maintenant ce que j'aurais dû écrire il y a un mois!

Il s'agit simplement d'une petite observation: Au cours de la campagne électorale provinciale de mars 2007, Drupal a remporté une majorité de serveurs! En effet, les partis politiques suivants avaient basé leurs plate-formes Web sur Drupal:

Sans en avoir fait l'analyse exhaustive, il m'a semblé que les partis n'ayant pas utilisé Drupal avaient aussi des sites de qualité inférieure. Pas forcément inférieurs à cause de leurs choix technologiques — on peut faire des sites parfaitement ratés avec Drupal et de très efficaces avec d'autres technologies — mais surtout inférieurs dans leur réalisation. Le site de l'Action démocratique du Québec était particulièrement pitoyable: Faible en contenus, imposant des documents Acrobat (PDF) sans avertissement de manière nuisible à la fluidité de la navigation et à l'accessibilité aux contenus, démarrant automatiquement des vidéos bruyants sans qu'on le demande... Ceci dit, en dehors de son site, l'ADQ a mené une campagne Web efficace à travers une forte présence sur différents blogues.

Il sera certainement intéressant de surveiller les outils de communication Web déployés lors de la prochaine élection fédérale. Pour l'instant, le Nouveau Parti Démocratique et le Parti Vert du Canada ont déjà adopté Drupal.

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Québec solidaire

Québec solidaire

Le site Web du parti politique Québec solidaire fut à mon avis — aussi biaisé mon avis puisse-t-il être — la plate-forme de communication Web la plus dynamique de tous les partis politiques présents lors de la campagne électorale provinciale de mars 2007. En effet, contrairement aux sites des autres partis, la rédaction des contenus y était complètement décentralisée et participative, à l'image des valeurs prônées par Québec solidaire. Plus de 130 rédacteurs et rédactrices à travers le Québec, candidats ou militants du parti, ont contribué articles, photographies, documents et extraits vidéo via cette plate-forme collaborative basée sur Drupal. Chaque région et circonscription du Québec disposait de sa propre section sur le site, avec ses rédacteurs et rédacteurs en chef. Les contenus émanaient de la base et pouvaient émerger jusqu'au niveau « national » et même apparaître sur la page d'accueil du site. Certes, cette décentralisation avait pour conséquence que les sections de certaines régions soient moins bien garnies que d'autres, une situation qui s'est en partie résorbée, à mesure que les militants prenaient en main leur outil de communication.

En charge du projet au nom de Koumbit, j'ai eu l'occasion de jouer un rôle de premier plan dès le début du projet, à partir de l'analyse des besoins jusqu'à la programmation et aux améliorations techniques presque quotidiennes réalisées durant la campagne électorale.

L'une de mes propositions clés pour le projet fut l'intégration du module Organic Groups (OG) pour permettre la décentralisation de la gestion des contenus. L'innovation ici fut d'utiliser OG comme outil d'organisation interne des contenus, mais de manière transparente au visiteur normal, tout en créant un ensemble de nouveaux modules permettant des décisions éditoriales décentralisées à l'intérieur de limites bien définies (OG Audience, OG Public Access, Edit Authoring Information).

Plusieurs autres décisions (que je n'énumérerai pas toutes!), ont contribué au succès du projet. Il fallait notamment tenir compte du fait qu'un grand nombre de rédacteurs étaient peu familiers avec les enjeux de la publication Web. Il était donc indispensable de soigneusement circonscrire les fonctionnalités auxquelles ils avaient accès, autant par souci de convivialité que d'intégrité du site. Un outil d'édition WYSIWYG, par exemple, était indispensable, mais j'ai porté mon choix sur l'un des plus minimalistes, widgEditor, également l'un de ceux qui respecte le mieux la sémantique du HTML et qui protège le mieux la feuille de style du site en filtrant les balises indésirables. Par ailleurs, la publication de vidéos sur Youtube et Google Video permettait à ce jeune parti politique peu fortuné d'économiser sur les coûts de la bande passante, tout en tirant avantage des outils participatifs inhérents à ces plate-formes.

Inauguré en février 2007.

Sujets: Drupal · Politique · Portfolio

Politiciens dans la blogosphère

Il semble que, comme je le souhaitais dans mon dernier billet, des politiciens commencent à découvrir l'avantage d'avoir un blogue, d'après cet article (en anglais). L'un des avantages mentionnés est la possibilité pour eux de recevoir un feedback immédiat du public suite à leurs billets.

Reste à souhaiter que ces blogues soient écrits par les politiciens eux-mêmes et non par des experts en relations publiques... Faut pas trop rêver, je suppose.

Drupal en politique

Drupal est une plateforme idéale pour des sites web à vocation sociale et c'est d'ailleurs dans le but d'aider des communautés à s'organiser que Drupal a initialement été créé. On peut constater que de plus en plus d'organisations politiques adoptent Drupal.

L'un des premiers sites très visibles de cette catégorie fut DeanSpace, créé par des bénévoles en 2004 pour appuyer la candidature de Howard Dean, alors candidat à l'investiture démocrate pour la présidentielle états-unienne. Même si Howard Dean fut défait, la plupart des observateurs s'accordent pour dire que sa campagne a révolutionné le processus pré-électoral aux États-Unis, grâce à son usage avant-gardiste de l'internet. DeanSpace offrit un lieu de rencontre inédit pour les partisans. Le contenu du site pouvait être modifié de manière collaborative sans que des connaissances techniques soient requises, le site proposait des blogues, des forums, des calendriers d'événements. En outre, grâce à la syndication (RSS), les communiqués officiels étaient incorporés au site, tout comme le contenu non-officiel créé par les partisans. En peu de temps, une centaine de groupes partisans construisirent leurs propres sites avec les outils de DeanSpace (quelques exemples: «Catholiques pour Dean», «Aînés pour Dean», «Scientifiques pour Dean», «Femmes pour Dean», «New York pour Dean» et même «Canada pour Dean»), tous connectés au site principal au moyen de la syndication, engendrant un réseau d'appui tentaculaire. Il est à noter que si DeanSpace n'avait pas été basé sur un logiciel libre, accessible à tous et offrant une technologie commune à tous les partisans, il est improbable que ce vaste réseau eût émergé.

Aucun des adversaires de Howard Dean, malgré des moyens financiers souvent plus importants, ne disposait d'un outil aussi ouvert et dynamique. Fait intéressant, DeanSpace a donné naissance à CivicSpace, un système toujours en évolution et toujours basé sur Drupal qui, par sa nature de logiciel libre, pourrait très bien être utilisé par plusieurs partis concurrents au cours de futures élections!

Plus récemment, le Nouveau parti démocratique du Canada (NPD) a bâti son site avec Drupal en vue de l'élection générale de 2006. Si le NPD sous-utilise grandement les capacités de Drupal, il a tout de même, à mon point de vue, créé un site plus agréable à consulter que ceux de ses adversaires. De plus, le parti bénéficie certainement de l'édition collaborative rendue possible par Drupal, afin que son équipe répartie dans tout le pays réalise les mises à jour quotidiennes. Mais chose certaine, il m'apparaît bien dommage que tous les candidats n'aient pas leur blogue, ce que Drupal permettrait facilement. Cela ajouterait une dimension plus humaine que les ennuyants communiqués officiels rédigés par des comités d'experts en communications. Un blogue permettrait à chacun des candidats de réellement se faire connaître auprès de l'électorat et d'être (ou au moins de paraître) plus accessible. Ceci dit, on peut supposer que la plupart des partis seraient réfractaires à la publication de blogues sans contrôle central. Après avoir dérapé par écrit dans un blogue, il serait certainement plus difficile à un politicien d'expliquer qu'il a été «mal interprété» ou «mal cité!»

Néanmoins, le blogue ne serait-il pas un outil incroyablement avantageux pour un candidat indépendant ou un parti émergent? Cela lui procurerait une tribune pour se faire connaître, pour expliquer ses positions tout au long de la campagne, en plus de lui conférer une aura plus humaine que ses adversaires et de développer une relation plus directe avec l'électorat.

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